| Écrit par Pax24,
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Le sénateur François Trucy (UMP, Var) avait livré un rapport sur L'évolution des jeux de hasard et d'argent en novembre mais il avait "sous le coude" une autre version, plus directe et tranchante, qui a été présentée au Président Sarkozy fin janvier, après réflexion et sous la pression de l'Europe, le Gouvernement s'apprête à publier un décret qui va bouleverser le PIF (poker internet Français) et qui est loin d'être un gadget, jugez plutôt...
Pour faire court, ce rapport épingle les sommes faramineuses qui circulent sur les sites de poker et échappent donc à tout impôt ou taxe. Il pointe du doigt aussi l'absence de contrôle sur cet argent et sur les pratiques addictives (non respect des interdictions de casinos par exemple). Il préconise des solutions radicales.
Une réunion de travail s'est tenue dans le plus grand secret le 17 mars à Matignon. Autour du Premier Ministre étaient réunis des acteurs du poker en ligne. Parmi eux des représentants des casinos dont le groupe Partouche, le président de la Française des Jeux, des dirigeants de sites dédiés au poker (dont ceux de couleurpoker.com), des stars du poker francophone dont Patrick Bruel et Isabelle Mercier. La discussion a été longue et âpre, notamment entre le groupe Partouche délégué par les casinotiers et la FDJ mais un accord a été trouvé, et un décret va être publié avant la fin de cette semaine.
Comme nous étions invités et que l'information va être révélée lundi soir, nous vous donnons en avant-première les grandes lignes de ce décret :
- Le Poker en ligne est interdit en France et les fournisseurs d'accès devront couper tout accès aux sites étrangers sous 15 jours (blacklistage des IP).
- Le poker en live est interdit sur tous le territoire, les cercles de jeu devront fermer leurs tables de poker sous 5 semaines.
- Un système de licences, comparable à celui de la téléphonie mobile ou de la TNT, est mis en place. 3 licences sont accordées (vendues) pour 10 ans, et seuls ces 3 opérateurs pourront désormais faire jouer les français, en live ou en ligne.
Les licences :
- La première concerne le jeux "en live" au nord de la Loire (y compris Paris), c'est le groupe Barrière qui l'a obtenue pour 25M€ et une redevance annuelle de 5% du montant des enjeux.
- La seconde concerne le jeu en live au sud de la Loire, le groupe Partouche en sera l'opérateur moyennant un chèque de 40M€ (ndlr: ce qui représente leur résultat avant impôts de 2007) et une redevance annuelle de 5% du montant des enjeux.
- La troisième enfin, qui nous intéresse le plus, et c'est une demie surprise, est concédée à un groupement de sites qui réuni la Française des Jeux, le groupe autrichien Bwin (ongame) et l'américain Fulltilt, les 3 à parts égales, moyennant un paiement de droit de 135M€ et une redevance annuelle de 10% du montant des enjeux.
En faisant ce choix d'un pool multiple pour le jeux en ligne, Paris espère calmer Bruxelles pour quelques temps.
En cette période de resserrement budgétaire ce sont 200M€ qui rentrent miraculeusement dans les caisses de l'état et bien plus à venir (on estime que le poker français représente plus d'un milliard d'euros d'enjeux par an à ce jour).
En clair, les joueurs français auront désormais le choix entre 3 opérateurs pour jouer en ligne et seulement ceux-là.
Pour commencer, ils n'en auront même que deux puisque la FDJ annonce l'ouverture de son site dédié et de son logiciel propriétaire pour mi-juillet. Le lancement pourrait même avoir lieu le 14 juillet, jour de fête Nationale !
Les opérateurs devront bien sûr respecter les interdictions de casinos et mettre en place un système de vérification sécurisé d'identité, ils devront aussi respecter une charte déontologique (à venir) et enfin soumettre leur logiciel à l'approbation d'un institut, c'est le groupe Veritas qui sera en charge de valider la qualité et l'équitabilité des logiciels.
Il est difficile de savoir si c'est un mieux ou un moins bien pour les joueurs en ligne, ce qui est sûr c'est que l'Etat va prendre désormais sa part sur la manne du jeu en ligne* et que le seul conseil que l'on puisse donner aux joueurs, c'est de retirer très vite leur argent de toutes les rooms de poker sous peine de ne plus pouvoir y accéder dans 15 jours !
* à noter que les jeux en lignes de casinos restent interdits, le décret ne concernant que le poker et ses variantes.
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 Dernière mise à jour: 11-05-2008 00:58
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